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Comparatif · publié le

Google Sheets pour un revendeur

Google Sheets règle le vrai défaut d’Excel pour un revendeur : il est accessible depuis le téléphone, en brocante, sans transférer de fichier. C’est un progrès réel, et il déplace la limite sans la supprimer.

Qu’est-ce que Sheets apporte face à Excel ?

Pour un revendeur seul avec un stock modeste, cette combinaison suffit longtemps. Il n’y a aucune honte à s’y tenir, et changer d’outil ne fait vendre personne.

La structure minimale, si vous restez

Le défaut le plus courant n’est pas Sheets, c’est la façon dont il est organisé. Une feuille par mois, ou une colonne ajoutée au fil des besoins, rend tout croisement impossible. Une seule table, une ligne par article, et des colonnes stables : c’est ce qui permettra plus tard de répondre à des questions que vous ne vous posez pas encore.

Colonne Pourquoi elle est indispensable
Date d’achat Sans elle, aucune rotation calculable
Prix d’achat Le coût de revient part de là
Lieu d’achat La seule façon de savoir où vous achetez bien
Famille Permet d’agréger autrement que par pièce
Date de vente La seconde moitié de la rotation
Prix de vente Le réalisé, pas l’espéré
Frais et port Sinon la marge est fausse, toujours à la hausse
Plateforme Compare ce qu’un même article rapporte selon l’endroit

Huit colonnes. Les deux qui sautent en premier quand on est pressé sont « lieu d’achat » et « frais » — ce sont précisément les deux qui portent l’information la plus utile, et celles qu’on ne peut pas reconstituer après coup.

Un article invendu doit rester dans la table, sans date de vente. C’est la seule façon de connaître son taux d’invendus, et c’est un chiffre que presque personne n’a.

Les trois limites

La saisie reste manuelle. C’est le vrai coût, et il est invisible parce qu’il se paie en soirées. Vingt secondes par article semblent négligeables jusqu’à ce qu’on les multiplie par trois cents pièces et par deux — une fois à l’achat, une fois à la vente.

Le prix, vous le cherchez vous-même. Un tableur additionne ce que vous lui donnez ; il ne sait pas ce que vaut une doudoune. Or c’est précisément la question qui se pose devant l’article, avant l’achat, et c’est celle qui coûte le plus cher quand on y répond mal. Aucune formule ne comblera cet écart, parce qu’il ne s’agit pas de calcul mais de données de marché.

La saisie mobile est pénible. Consulter fonctionne, saisir non. Une ligne à remplir sur un écran de téléphone, dans une brocante, avec un vendeur qui attend : personne ne le fait. Les lignes s’accumulent « pour ce soir », et ce soir n’arrive pas toujours.

Ce que les formules peuvent, et ne peuvent pas

Beaucoup de choses, en réalité. Un tableau croisé dynamique donne la marge par lieu d’achat. Une soustraction de dates donne la rotation. Une moyenne conditionnelle donne le délai moyen par famille. Rien de tout cela n’est hors de portée, et c’est important de le dire : le tableur n’est pas limité par ses capacités de calcul.

Il est limité par ce qu’il ignore. Une formule ne peut pas vous dire si le prix que vous avez saisi était le bon, ni ce que la même pièce s’est vendue ailleurs, ni si vous auriez dû l’acheter. Elle travaille sur vos chiffres et rien d’autre. Un revendeur qui se trompe systématiquement de vingt pour cent sur ses estimations aura un tableur parfaitement cohérent et parfaitement faux.

Le test honnête

Question Si la réponse est oui
Votre feuille est-elle à jour à la ligne près ? Gardez-la.
Saisissez-vous chaque vente le jour même ? Gardez-la.
Savez-vous votre marge nette du mois dernier ? Gardez-la.
Connaissez-vous votre taux d’invendus ? Gardez-la, sincèrement.
Avez-vous des lignes « à compléter » depuis un mois ? Le coût est déjà payé.

Un tableur tenu rigoureusement bat n’importe quelle application. Le problème n’est jamais l’outil : c’est que la rigueur coûte du temps, tous les jours, et que ce temps ne se voit pas dans les comptes.

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