Calculateur de marge
Le chiffre qui compte n’est pas la différence entre le prix d’achat et le prix de vente. C’est ce qu’il reste une fois le port payé et la commission prélevée — et l’écart entre les deux est ce qui sépare une activité rentable d’une activité qui occupe.
Le calcul
Les taux ne sont pas pré-remplis à votre place. Une grille tarifaire change sans prévenir, et un calcul faux coûte plus cher qu’un calcul absent : relevez le vôtre sur la plateforme, il est propre à votre catégorie et à votre statut.
Les trois marges, et celle qu’il faut regarder
Le mot « marge » désigne trois choses différentes, et la confusion entre elles explique une bonne partie des activités de revente qui semblent marcher sans jamais laisser d’argent.
| Nom | Calcul | Ce qu’elle sert à décider |
|---|---|---|
| Marge brute | Prix de vente − prix d’achat | Rien. Elle flatte, elle ne guide pas. |
| Marge nette | Ce qui reste après frais, port et emballage | Si l’article valait la peine |
| Marge sur capital | Marge nette rapportée à ce qui a été immobilisé | Si votre argent travaille |
Le calculateur ci-dessus donne la deuxième. C’est la bonne pour décider d’un achat. La troisième ne se calcule pas sur une pièce : elle demande de savoir combien de temps l’argent est resté bloqué, donc de suivre un stock — c’est le sujet du guide calculer sa marge en achat-revente.
Une précision sur le pourcentage affiché : il rapporte le profit au prix de vente, pas au prix d’achat. C’est la définition commerciale, et c’est la seule qui se compare d’un article à l’autre. Rapportée au prix d’achat, une pièce payée un euro afficherait des milliers de pour cent sans rien dire d’utile.
Le prix d’achat n’est pas le coût de revient
Une pièce payée 8 € en friperie ne coûte pas 8 €. Il faut y ajouter ce qui a été payé pour l’obtenir et pour la vendre. Aucun de ces postes n’est spectaculaire ; leur somme l’est.
| Poste | Quand il apparaît | Pourquoi il est oublié |
|---|---|---|
| Emballage | À chaque expédition | Acheté en lot, donc jamais rattaché à une vente |
| Trajet d’achat | À chaque tournée | Réparti sur plusieurs pièces, donc sur aucune |
| Lessive, retouche, pile | Sur une pièce sur cinq | Trop petit pour être noté |
| Invendus | En fin de saison | Ils ne figurent dans aucune vente |
| Remboursement de litige | Après coup | La vente était déjà comptée comme gagnée |
| Temps passé | Toujours | Il ne sort d’aucun compte bancaire |
Le calculateur ne les devine pas. Si vous voulez un chiffre juste, ajoutez-les au prix d’achat plutôt que de les ignorer. Sur un article à 35 €, deux euros d’emballage et de trajet représentent près de six points de marge — assez pour faire basculer une décision d’achat, et jamais assez pour qu’on pense à les compter.
Une méthode simple pour les trajets : divisez le coût total d’une tournée par le nombre de pièces rapportées, et ajoutez ce montant au prix d’achat de chacune. C’est approximatif, et c’est infiniment plus juste que zéro.
Quelle marge faut-il viser ?
Nous n’écrirons pas de pourcentage cible, pour une raison simple : il n’en existe pas d’universel, et ceux qui circulent sont recopiés d’un article à l’autre sans que personne ne sache d’où ils viennent. La bonne marge dépend de trois choses que vous êtes seul à connaître.
- Votre taux d’invendus. Si une pièce sur cinq ne part jamais, les quatre autres doivent la payer. Une marge confortable sur une famille qui s’écoule mal peut être moins rentable qu’une marge fine sur une famille qui part toujours.
- Votre vitesse de rotation. Trente pour cent en dix jours et soixante pour cent en cinq mois ne se comparent pas. Le premier permet de racheter quinze fois dans l’intervalle.
- Le temps que la pièce vous prend. Une pièce qui demande un lavage, une retouche et trois échanges avec l’acheteur coûte des minutes qui ne figurent nulle part.
La règle utile n’est donc pas un seuil, c’est une comparaison : une pièce vaut le coup si elle fait mieux que ce que le même argent aurait rapporté ailleurs, sur la même durée. C’est exactement ce que mesure la marge sur capital, et c’est pour cela qu’elle finit par être nécessaire.
Un exemple, à titre d’illustration
Les chiffres qui suivent servent à montrer le mécanisme. Ils ne prétendent décrire ni un marché, ni une famille d’articles.
| Ce qu’on croit | Ce que c’est | |
|---|---|---|
| Prix d’achat | 8 € | 8 € |
| Emballage et trajet | — | 2 € |
| Prix de vente | 35 € | 35 € |
| Port offert pour conclure | — | 5 € |
| Résultat | 27 € de marge | 20 € de profit net |
| Taux | 77 % | 57 % |
Vingt points d’écart, sans qu’aucune erreur n’ait été commise et sans qu’aucun des postes manquants ne soit anormal. C’est la totalité du problème : personne ne se trompe dans le calcul, tout le monde oublie des lignes.
Le facteur que ce calculateur ne mesure pas
Deux articles peuvent afficher la même marge et ne pas valoir la même chose. Celui qui part en trois jours libère du capital et de la place ; celui qui dort six mois immobilise les deux, occupe une étagère, et finit souvent soldé.
Le taux de marge ne dit rien de cette différence. C’est la limite d’un calcul à l’article, et la raison pour laquelle un suivi du stock finit par être nécessaire : la rotation ne se calcule pas sur une pièce, elle se constate sur une centaine.
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