resellflip Guides

Guide · publié le

Calculer sa marge en achat-revente

« Acheté 5, vendu 30, j'ai fait 25 de marge. » C'est le calcul que fait presque tout le monde, et il est faux, parfois de moitié. Voici comment savoir ce qu'un article rapporte réellement, et pourquoi ce chiffre change vos décisions d'achat.

Le coût de revient n'est pas le prix d'achat

Un article ne vous coûte pas ce que vous l'avez payé. Il vous coûte ce que vous l'avez payé plus tout ce qu'il a fallu pour le rendre vendable :

Sur un article à 5 €, deux euros de frais annexes représentent déjà 40 % du coût. C'est rarement visible article par article, et c'est pourtant ce qui fait la différence entre un lot rentable et un lot qui occupe de la place.

Les trois marges, et laquelle regarder

La marge brute

Prix de vente − coût de revient. Elle ignore les frais de plateforme. C'est le chiffre que tout le monde annonce et le moins utile des trois, parce qu'il vous fait croire à un profit que vous n'encaisserez jamais entièrement.

La marge nette

Ce que vous encaissez réellement − coût de revient. C'est le seul chiffre qui compte, parce que c'est le seul qui finit sur votre compte. Il faut donc retrancher les commissions de la plateforme, les frais de port que vous prenez à votre charge, et les remises consenties dans une négociation.

Reprenons l'exemple du début, avec les chiffres réels :

Ligne Montant
Prix de vente affiché 30,00 €
Remise accordée à l'acheteur − 3,00 €
Frais de plateforme − 1,50 €
Encaissé 25,50 €
Prix d'achat − 5,00 €
Carburant et emballage − 2,00 €
Marge nette 18,50 €

18,50 € au lieu des 25 € annoncés : 26 % d'écart. Sur un article isolé ce n'est qu'agaçant. Sur trois cents articles par an, c'est ce qui sépare une activité rentable d'une activité qui tourne à vide.

Le taux de marge

Marge nette ÷ coût de revient. Ici : 18,50 ÷ 7 = 264 %. C'est ce ratio qui permet de comparer des articles de prix très différents, et donc de savoir où concentrer vos achats. Un article à 7 € qui rapporte 18,50 € est meilleur qu'un article à 80 € qui en rapporte 40, à condition de savoir le revendre aussi vite.

Le facteur que presque personne ne calcule : le temps

Deux articles peuvent afficher la même marge nette et ne pas avoir la même valeur du tout.

Le premier vous permet de réinvestir vos 7 € dix-sept fois dans l'année. Le second immobilise votre argent et votre place. À marge égale, le premier rapporte donc dix fois plus.

D'où le seul indicateur qui compte vraiment quand on veut passer d'un revenu d'appoint à une activité : la marge annualisée, c'est-à-dire ce que rapporte un euro investi sur une année complète, en tenant compte du délai de revente. C'est aussi ce qui explique qu'un revendeur expérimenté refuse des articles à forte marge : il sait qu'ils dormiront.

Suivre la date d'achat et la date de vente de chaque article ne coûte presque rien, et c'est ce qui rend ce calcul possible. Sans ces deux dates, vous ne saurez jamais quelle catégorie tourne vite chez vous, ce qui dépend de votre style, de votre région et de votre clientèle, et ne se lit dans aucun guide général.

Quelle marge viser

Il n'existe pas de bon chiffre universel, mais quelques repères tiennent dans la seconde main :

Un rappel utile, en revanche : si votre activité est habituelle et que vous êtes au régime micro, l'abattement forfaitaire est de 71 %. Travailler durablement sous 29 % de marge réelle signifie que vous êtes imposé sur un bénéfice que vous ne faites pas. Le sujet est détaillé dans notre guide sur la déclaration des ventes.

Décider avant d'acheter, pas après

Toute cette arithmétique n'a d'intérêt qu'à un seul moment : quand vous tenez l'article dans les mains, sur le stand, et qu'il faut décider. La bonne question n'est pas « est-ce que ça vaut plus que 5 € ? » mais « à quel prix cela se vend-il vraiment, en combien de temps, et que me restera-t-il ? ».

C'est la raison d'être de resellflip : photographier l'article sur place, obtenir une estimation fondée sur ce qui se vend réellement, et voir immédiatement la marge nette attendue. Puis, une fois vendu, retrouver dans vos statistiques quelles catégories et quels lieux d'achat vous rapportent le plus, ce qui est la seule façon d'améliorer ses achats plutôt que de répéter ses habitudes.

Un exemple, à titre d’illustration

Les chiffres qui suivent servent à montrer le mécanisme. Ils ne prétendent décrire ni un marché, ni une famille d’articles.

Ce qu’on croit Ce que c’est
Prix d’achat 8 € 8 €
Emballage et trajet — 2 €
Prix de vente 35 € 35 €
Port offert pour conclure — 5 €
Résultat 27 € de marge 20 € de profit net
Taux 77 % 57 %

Vingt points d’écart, sans qu’aucune erreur n’ait été commise et sans qu’aucun des postes manquants ne soit anormal. C’est la totalité du problème : personne ne se trompe dans le calcul, tout le monde oublie des lignes.

Pourquoi la marge se rapporte au prix de vente

Vous verrez les deux conventions circuler, et elles ne donnent pas du tout les mêmes chiffres. Rapportée au prix d’achat, une pièce payée un euro et revendue vingt affiche 1 900 % ; rapportée au prix de vente, elle affiche 95 %. La seconde est la définition commerciale, et c’est celle qui se compare d’un article à l’autre.

La première a un usage légitime — elle mesure le rendement du capital engagé — mais elle devient absurde sur les petits prix d’achat et donne l’impression de performances extraordinaires sur des pièces qui ne rapportent que quelques euros. Quand un chiffre de marge vous paraît spectaculaire, la première question est de savoir sur quoi il est rapporté.

Quand une bonne marge est un mauvais achat

Trois cas, et ils sont fréquents.

Aucun de ces trois cas ne se voit sur une pièce isolée : ils se constatent sur des dizaines. C’est la limite d’un calcul à l’article, et la raison pour laquelle un suivi de stock finit par devenir nécessaire.

Un outil pour ça : Calculateur de marge

Compte gratuit — 10 estimations par mois

À lire ensuite : Fixer son prix de revente sur Vinted · Expédier ses colis sans y perdre