Glossaire de l'achat-revente
Quarante-cinq mots du métier de l'achat-revente de seconde main, chacun défini en une à trois phrases : de quoi comprendre un terme croisé dans une annonce, un guide ou une conversation entre revendeurs, sans avoir à deviner.
Acheter
- Sourcing
- L'ensemble des démarches par lesquelles un revendeur repère et sélectionne les articles qu'il va acheter pour les revendre : quels lieux fréquenter, quelles catégories cibler, jusqu'à quel prix un achat reste rentable. C'est le geste qui fixe la marge avant même que l'annonce existe — un bon sourcing achète un article que la revente rendra facile, un mauvais sourcing accumule un stock qui ne trouvera pas preneur.
- Lot
- Un ensemble d'articles achetés groupés pour un prix global unique plutôt qu'à l'unité, typique des ventes de brocante, de succession ou de déstockage professionnel. L'intérêt est de faire baisser le prix moyen par pièce en acceptant de racheter aussi les articles invendables du lot ; le risque symétrique est de payer pour des pièces mortes qui plombent la marge de l'ensemble.
- Friperie
- Un commerce, le plus souvent physique, qui vend des vêtements et accessoires d'occasion déjà triés et remis en état, à la différence d'une brocante où l'acheteur trie lui-même dans un lot brut. Les prix y sont plus élevés qu'en brocante parce que le travail de sélection a déjà été fait : un revendeur y trouve donc moins de marge, mais un choix plus sûr et plus rapide.
- Déstockage
- La vente, par une marque ou un magasin, d'un surplus de marchandise neuve qu'il cherche à écouler rapidement pour libérer de la trésorerie ou de l'espace de stockage, généralement à prix cassé. Pour un revendeur, c'est une source d'articles neufs à bas coût, mais souvent en série — mêmes tailles, mêmes coloris — ce qui oblige à vendre plusieurs pièces identiques plutôt qu'un article unique.
- Brocante
- Un marché en plein air ou un événement ponctuel où des particuliers, et parfois des professionnels, vendent des objets d'occasion non triés à des prix négociables sur place. C'est un lieu de sourcing classique, à condition d'accepter d'y passer du temps : la marchandise n'est pas présélectionnée, il faut trier soi-même le bon lot du rebut.
- Vide-grenier
- Un événement organisé par des particuliers, souvent une fois par an dans une commune ou un quartier, pour vendre ce qu'ils n'utilisent plus. À la différence de la brocante, les vendeurs ne sont pas des professionnels et les prix reflètent surtout l'envie de vider un placard plutôt qu'une valeur de marché, ce qui en fait un terrain de bonnes affaires pour qui sait reconnaître une pièce sous-évaluée.
- Ressourcerie
- Une structure associative ou d'économie sociale qui collecte des objets destinés au rebut, les trie, les répare si besoin, puis les revend à petit prix — sa mission première est environnementale et sociale, la revente n'étant qu'un moyen de la financer. Les prix y sont fixes, sans négociation, et la marchandise a déjà été triée, ce qui limite la marge possible mais réduit aussi le risque d'un achat sans valeur.
- Palette
- Un lot d'articles invendus, retournés ou de fin de série, acheté en gros directement auprès d'un grossiste ou d'un site spécialisé, souvent sans pouvoir inspecter chaque pièce avant l'achat. C'est le sourcing qui offre le plus grand volume au prix unitaire le plus bas, mais aussi celui où le taux de pièces invendables ou défectueuses est le moins prévisible : la rentabilité se joue sur la moyenne du lot, pas sur chaque pièce.
- Contrefaçon
- La reproduction non autorisée d'un article de marque, vendue en se faisant passer pour l'original ou en laissant planer le doute. La revendre expose à des poursuites, pas seulement à un litige commercial, et la plupart des plateformes suspendent le compte au premier signalement fondé : un doute sur l'authenticité doit être levé avant l'achat, pas après la mise en ligne.
L'article
- État (neuf avec étiquette, très bon état…)
- L'échelle qui décrit la condition physique d'un article de seconde main, du neuf avec étiquette encore attachée — jamais porté, jamais lavé — jusqu'aux états intermédiaires comme très bon état ou bon état, qui tolèrent une usure normale sans défaut majeur. Chaque plateforme a ses propres libellés et son propre seuil de tolérance pour un même mot, si bien qu'une pièce identique peut mériter un état différent selon l'endroit où elle est mise en vente — une description honnête pèse alors plus lourd que le libellé choisi.
- Pièce forte
- L'article le plus rare ou le plus recherché d'un lot ou d'un stock, celui dont la marge à lui seul couvre souvent le coût de plusieurs autres pièces moins intéressantes. Un revendeur qui sait la repérer avant l'achat peut accepter de payer plus cher un lot entier rien que pour elle, parce que c'est elle qui rentabilise le tri du reste.
- Dead stock
- De la marchandise neuve, jamais vendue ni portée, restée immobilisée en stock — chez un fabricant, un magasin ou un revendeur — au point de devenir difficile à écouler malgré son état neuf. Le terme décrit une situation économique, un article qui ne tourne plus, plutôt qu'un défaut physique : la pièce elle-même reste parfaite, c'est sa demande qui s'est éteinte.
- Article dormant
- Un article acheté par un revendeur qui reste en stock sans trouver preneur bien au-delà du délai habituel de sa catégorie, immobilisant l'argent qui a servi à l'acheter sans rien rapporter en retour. Il ne s'agit pas forcément d'un mauvais article : un prix mal calibré ou une plateforme mal choisie suffisent à transformer une pièce vendable en article dormant, ce qui justifie de revoir le prix plutôt que d'attendre.
- Vintage
- Qualifie un article conçu et fabriqué il y a plusieurs décennies, dont l'ancienneté est justement ce qui fait la valeur, par opposition à un article simplement vieux ou usé, qui n'a de valeur que si son état le permet. Un vêtement ou un objet vintage peut valoir davantage qu'un équivalent contemporain neuf, à condition que son origine et son époque puissent être authentifiées.
- Deadstock sneakers
- Des paires de baskets neuves, jamais portées ni délacées, généralement encore dans leur boîte d'origine avec les accessoires fournis — le terme vient du monde de la sneaker, où l'état neuf conditionne l'essentiel de la valeur de revente. Une paire portée même une seule fois perd ce statut et bascule dans une catégorie de prix nettement inférieure, quel que soit son état apparent.
- Authentification
- Le processus qui consiste à vérifier qu'un article de marque est bien un original et non une contrefaçon, en examinant des détails précis — coutures, matériaux, numéros de série, étiquettes — que les faussaires reproduisent mal. Sur les catégories les plus copiées comme les sneakers, la maroquinerie ou les montres, certaines plateformes imposent ou proposent une authentification par un tiers avant l'expédition à l'acheteur, ce qui rassure mais ralentit la vente.
- Défaut rédhibitoire
- Un défaut d'un article suffisamment grave pour justifier, à lui seul, l'annulation de la vente ou un remboursement, par opposition à un défaut mineur qui n'affecte que le prix. La distinction n'est pas toujours évidente au moment de rédiger l'annonce : ne pas mentionner un défaut rédhibitoire expose à un litige après-vente, même sans intention de le cacher.
- Lot dépareillé
- Un ensemble d'articles vendus groupés qui n'ont pas de cohérence entre eux — tailles, styles ou saisons différents — par opposition à un lot thématique ou homogène. Il coûte généralement moins cher à l'achat parce qu'il est moins attractif à revendre tel quel, ce qui oblige à retrier et à réannoncer chaque pièce séparément pour en tirer de la valeur.
Vendre
- Annonce
- La fiche de vente publiée sur une plateforme pour un article donné, comprenant photos, description, prix et état : c'est elle qui transforme un article en stock en une vente potentielle. Sa qualité — photos nettes, description précise, prix cohérent avec le marché — pèse autant que l'article lui-même dans la vitesse à laquelle il trouve preneur.
- Contre-offre
- La réponse d'un vendeur à une offre d'achat jugée trop basse, proposant un prix intermédiaire plutôt qu'un refus sec ou une acceptation pure. Elle garde la conversation ouverte sans céder tout de suite sur le prix, et sert aussi de test : un acheteur qui insiste après une contre-offre raisonnable est généralement sérieux, celui qui disparaît ne l'était pas.
- Négociation
- L'échange par lequel acheteur et vendeur ajustent le prix affiché d'une annonce avant la vente, courant sur les plateformes entre particuliers comme Vinted ou Leboncoin, et beaucoup plus rare sur celles à prix fixe. Céder trop vite signale que le prix affiché n'était pas sérieux, ce qui attire d'autres demandes de rabais sur les annonces suivantes du même vendeur.
- Bump (mise en avant)
- Une remontée payante ou ponctuelle d'une annonce en tête des résultats de recherche, pour lui redonner de la visibilité après qu'elle s'est enfoncée dans le flux des nouvelles publications. Son effet est temporaire : sans changement de prix ou de photos, l'annonce revient s'enfoncer dès qu'il retombe, ce qui en fait un outil de visibilité et non une solution à un article qui ne se vend pas.
- Cross-posting
- Publier le même article au même moment sur plusieurs plateformes — Vinted, Leboncoin, eBay, Whatnot — pour multiplier les chances de vente rapide. Le risque propre à cette pratique est la vente en double, deux acheteurs qui paient le même article au même moment, ce qui oblige à retirer l'annonce partout dès la première vente confirmée.
- Sell-through rate
- La proportion du stock mis en vente qui a effectivement trouvé acheteur sur une période donnée, exprimée comme un ratio entre articles vendus et articles disponibles. Un taux bas signale un problème en amont — prix trop haut, mauvaise catégorie, mauvaise plateforme — tandis qu'un taux très élevé peut au contraire indiquer des prix fixés trop bas par rapport à ce que le marché aurait accepté de payer.
- Délai d'écoulement
- Le temps qui s'écoule entre la mise en ligne d'un article et sa vente effective. C'est le facteur qui, à marge égale, distingue un bon d'un mauvais achat : un article qui rapporte peu mais se vend en quelques jours immobilise moins d'argent, sur l'année, qu'un article à forte marge qui dort plusieurs mois avant de trouver preneur.
- Baisse de prix stratégique
- Une réduction de prix décidée volontairement avant qu'un article ne devienne un article dormant, plutôt que subie après un long silence — le principe étant qu'un prix qui baisse tôt et par petits paliers réguliers vend mieux qu'un prix figé qui chute d'un coup après des mois d'attente. Elle s'appuie sur un calendrier fixé à l'avance, par exemple à intervalles réguliers si l'article n'a suscité aucune question, plutôt que sur l'humeur du moment.
- Bundle (vente groupée)
- Proposer plusieurs articles à l'achat en une seule transaction, à un prix total inférieur à la somme des prix individuels. Il sert surtout à écouler des pièces qui, seules, ne se vendraient pas ou se vendraient trop lentement : un article dormant se glisse plus facilement dans un bundle qu'il ne se vend seul, parce que l'acheteur y perçoit une bonne affaire d'ensemble plutôt qu'un article isolé qu'il n'aurait pas choisi.
Argent
- Marge brute
- La différence entre le prix de vente d'un article et son coût de revient — le prix d'achat auquel s'ajoutent les frais engagés pour le rendre vendable, comme la remise en état ou l'emballage — sans tenir compte des frais de plateforme ni de port. C'est le chiffre le plus flatteur et le plus souvent mis en avant, mais aussi le moins fiable pour juger si un achat a été rentable, puisqu'il ignore ce qui sera réellement encaissé.
- Marge nette
- Ce qu'un revendeur encaisse réellement sur un article une fois déduits le coût de revient (achat plus frais annexes), les commissions de la plateforme, les frais de port restés à sa charge et toute remise consentie à la négociation. C'est le seul chiffre qui finit vraiment sur le compte du vendeur, et donc le seul qui doit servir à décider si un achat valait la peine.
- ROI
- Le retour sur investissement : la marge nette rapportée au coût de revient (achat plus frais annexes) plutôt qu'au prix de vente, qui répond à la question « combien ce que j'ai dépensé m'a rapporté », pas « combien j'ai vendu ». Un article acheté très peu cher peut ainsi afficher un ROI largement supérieur à un article coûteux qui dégage pourtant une marge nette plus élevée en valeur absolue — c'est le ratio qui doit guider le choix d'achat, pas le montant de la marge seule.
- Prix d'achat moyen
- Le coût moyen payé pour acquérir les articles d'un même lot ou d'une même catégorie, obtenu en divisant le montant total dépensé par le nombre de pièces obtenues. Il sert à fixer un prix de vente cohérent quand les articles n'ont pas été payés individuellement : on ne peut pas connaître ce qu'a coûté une seule pièce d'un lot acheté groupé, seulement ce qu'a coûté le lot dans son ensemble.
- Panier moyen
- Le montant moyen dépensé par un acheteur en une seule transaction, tous articles confondus. Le faire progresser, par exemple via un bundle ou un article complémentaire suggéré, rapporte souvent plus, à effort de vente égal, que d'essayer de vendre plus d'annonces séparées à des acheteurs différents.
- Frais de protection acheteur
- Une commission prélevée par certaines plateformes à l'acheteur, en plus du prix affiché, en échange d'une garantie de remboursement si l'article ne correspond pas à l'annonce ou n'arrive jamais. Pour le vendeur, ce frais s'ajoute au prix affiché sans réduire ce qu'il encaisse lui-même, mais il augmente le montant total payé par l'acheteur, ce qui doit être anticipé au moment de fixer un prix compétitif.
- Commission
- La part du prix de vente qu'une plateforme retient pour elle-même en échange de la mise en relation entre acheteur et vendeur, prélevée automatiquement au moment du paiement. Elle diffère d'une plateforme à l'autre, et parfois d'une catégorie d'article à l'autre sur une même plateforme, ce qui veut dire qu'un même prix affiché ne laisse pas la même marge nette selon l'endroit où l'article est vendu.
- Rotation du stock
- La vitesse à laquelle un stock d'articles achetés est revendu et remplacé par de nouveaux achats, sur une période donnée. Un stock qui tourne vite permet de réinvestir plusieurs fois le même capital dans l'année, ce qui peut rendre un article à faible marge plus rentable, à l'échelle de l'année, qu'un article à forte marge qui immobilise l'argent pendant des mois.
- Point mort
- Le niveau de chiffre d'affaires, ou le nombre de ventes, à partir duquel les recettes couvrent exactement l'ensemble des coûts engagés par l'activité, sans encore dégager de bénéfice. En dessous du point mort, l'activité est déficitaire même si chaque article pris individuellement semble rentable ; au-dessus, chaque vente supplémentaire devient du profit net.
Autour
- Mondial Relay / point relais
- Un réseau de retrait de colis dans des commerces de proximité, utilisé comme mode d'expédition économique alternatif à la livraison à domicile. Le colis attend en magasin le temps que l'acheteur vienne le récupérer, ce qui coûte moins cher qu'une livraison directe, mais la manipulation supplémentaire augmente légèrement le risque de casse ou de perte par rapport à un envoi direct.
- Numéro de suivi
- Le code unique attribué à un colis expédié, qui permet de savoir où il se trouve à chaque étape du transport jusqu'à sa remise au destinataire. Le transmettre rapidement à l'acheteur après l'envoi rassure et réduit fortement le nombre de messages d'inquiétude à traiter ; son absence est la première cause de litige lié à un colis simplement en cours d'acheminement.
- Litige
- Un désaccord ouvert entre acheteur et vendeur après une vente, généralement pris en charge par la plateforme via une procédure dédiée plutôt que par un échange privé — objet non conforme, non reçu, ou remboursement demandé. Une description honnête et des preuves d'expédition conservées, comme un numéro de suivi ou des photos avant envoi, sont ce qui permet de trancher un litige plutôt que de le voir s'éterniser.
- Micro-entreprise
- Le statut juridique le plus simple pour exercer une activité commerciale comme l'achat-revente à titre habituel, avec une comptabilité allégée et des cotisations sociales calculées directement sur le chiffre d'affaires encaissé plutôt que sur un bénéfice calculé au réel. En contrepartie de cette simplicité, les charges réelles — achats, frais de port, emballages — ne se déduisent pas une à une : un abattement forfaitaire, propre à l'activité de vente de marchandises, en tient lieu automatiquement.
- Seuil de déclaration
- Le montant de chiffre d'affaires annuel au-delà duquel un régime fiscal change, par exemple le passage du régime micro au régime réel, ou celui de la franchise de TVA à l'assujettissement. Contrairement à une idée répandue, aucun seuil de ce type n'exonère d'impôt en dessous : dès qu'une activité d'achat-revente est habituelle, elle est imposable dès le premier euro de bénéfice, seuil ou non.
- BIC
- Les Bénéfices Industriels et Commerciaux, la catégorie fiscale française sous laquelle se déclare une activité d'achat-revente, par opposition par exemple aux Bénéfices Non Commerciaux réservés aux professions libérales. Un revendeur qui débute relève presque toujours du régime micro-BIC, sa version simplifiée, avant de basculer au régime réel si son activité grossit.
- Plateforme (déclaration automatique)
- L'obligation, pour les places de marché en ligne comme Vinted, Leboncoin ou eBay, de transmettre chaque année à l'administration fiscale un récapitulatif des ventes des utilisateurs dont l'activité dépasse certains seuils, avec copie envoyée au vendeur lui-même. Ce récapitulatif porte sur les encaissements bruts et ne distingue pas ce qui vient d'une revente de biens personnels de ce qui vient d'un achat destiné à la revente : cette distinction reste à la charge du vendeur.
- RF
- Abréviation de Resell Flip, une application française d'achat-revente de seconde main. Le sigle circule à l'oral comme à l'écrit entre revendeurs à la place du nom complet, plus rapide à écrire et à prononcer.
- Flip
- Le verbe qui désigne l'acte central du métier : acheter un article dans l'intention de le revendre avec une marge, par opposition à un simple achat pour soi. C'est de ce verbe que vient le nom de Resell Flip, une application française d'achat-revente de seconde main.