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Tableur ou application ?

Presque tous les revendeurs commencent par un tableur, et c'est un bon choix : c'est gratuit, souple et immédiat. La question n'est pas de savoir si le tableur fonctionne (il fonctionne), mais à partir de quel moment il coûte plus qu'il ne rapporte.

Ce que le tableur fait très bien

Sous cinquante articles par an, un tableur est objectivement le bon outil. Passer à autre chose serait de la sur-ingénierie.

Où il commence à coûter cher

La saisie ne se fait pas au bon moment

C'est la limite principale, et elle est structurelle. L'information doit être saisie quand elle existe : le prix d'achat, sur le stand de la brocante, en tenant l'article. Personne ne remplit un tableur sur son téléphone au milieu d'un vide-grenier.

Résultat, on note « plus tard ». Et « plus tard », on a oublié si ce blouson coûtait 3 ou 5 €, et de quel stand il venait. Les données deviennent approximatives, donc les marges aussi.

Les photos n'y ont pas leur place

Vos photos vivent dans la galerie du téléphone, vos données dans le tableur, vos annonces sur les plateformes. Rien n'est relié. Retrouver la photo de l'article vendu la semaine dernière devient une fouille.

Les calculs utiles ne sont jamais faits

Un tableur peut calculer une marge nette, une rotation moyenne, une rentabilité par lieu d'achat. En pratique, presque personne n'écrit ces formules, et celles qui existent cassent dès qu'on ajoute une colonne. La plupart des tableurs de revendeurs contiennent un prix d'achat, un prix de vente et une soustraction : c'est-à-dire une marge brute, qui surestime le gain réel de 20 à 30 %.

Il ne prévient de rien

Un tableur est passif. Il ne vous dira jamais qu'un article dort depuis quatre mois, que votre stock « à traiter » grossit, ou que telle catégorie ne tourne plus. Il faut aller chercher l'information, donc on ne la cherche pas.

Le seuil de bascule

Il n'est pas dans le nombre d'articles mais dans le temps que vous passez à tenir l'outil. Trois signaux :

Aux alentours de cent à cent cinquante articles par an, ces trois signaux apparaissent ensemble.

Le vrai calcul

Un abonnement de quelques euros par mois se rentabilise dès qu'il vous fait éviter une seule mauvaise décision d'achat, ou gagner une heure. Pour un revendeur qui traite deux cents articles par an, la question n'est plus le coût : c'est de savoir si l'outil est utilisé au bon moment, c'est-à-dire sur le terrain.

C'est le principe de resellflip : la saisie se fait sur place, photo comprise, au moment où l'on décide d'acheter, avec une estimation de prix et la marge nette attendue avant même de sortir l'argent. Le reste (rotation, rentabilité par source, et récapitulatif fiscal avec le palier Ultime) se calcule ensuite tout seul, à partir de ce qui a déjà été saisi.

Le tableur reste un excellent point de départ. Il devient un frein le jour où il vous fait décider sans chiffres, ce qui est exactement ce qu'il était censé éviter.

Le coût de saisie, en minutes

C’est le poste que personne ne chiffre, parce qu’il ne sort d’aucun compte bancaire. Il se paie en soirées, et il croît avec l’activité — au moment précis où l’on a le moins de temps.

Faites le calcul sur votre propre volume : le temps réel qu’il vous faut pour saisir une ligne complète, multiplié par deux — chaque article est saisi une fois à l’achat et une fois à la vente — puis par votre nombre de pièces annuelles. Le résultat surprend rarement dans le bon sens, et il sous-estime encore la réalité : il ne compte pas les allers-retours, la ligne laissée à moitié remplie, la vente retrouvée trois semaines plus tard dans un historique de messagerie.

Le test le plus honnête n’est d’ailleurs pas « combien de temps ça me prend » mais « combien de lignes sont incomplètes en ce moment ». Si la réponse dépasse une poignée, le coût est déjà payé — pas en temps, mais en information perdue.

Ce qu’on perd en changeant

Autant le dire, puisque c’est vrai. On perd la souplesse totale : une application impose sa structure, et si vous suivez un champ qu’elle n’a pas prévu, vous ne le suivrez pas. On perd la gratuité. Et on accepte une dépendance à un tiers, ce qui est un vrai coût — pas seulement financier.

En échange, on gagne le fait de ne plus décider comment saisir. C’est le défaut d’une application, et c’est aussi ce qui fait qu’elle est remplie : il n’y a rien à concevoir avant de commencer, donc rien à remettre à demain. Un tableur tenu rigoureusement bat n’importe quelle application ; le problème n’est jamais l’outil, c’est que la rigueur coûte du temps tous les jours.

La comparaison complète, tableur contre Sheets contre Notion contre application dédiée, est sur la page comparatif.

Si vous restez au tableur, la structure minimale

Le défaut le plus courant n’est pas le tableur, c’est la façon dont il est organisé. Une feuille par mois, ou une colonne ajoutée au fil des besoins, rend tout croisement impossible. Une seule table, une ligne par article, et des colonnes stables.

Colonne Pourquoi elle est indispensable
Date d’achat Sans elle, aucune rotation calculable
Prix d’achat Le coût de revient part de là
Lieu d’achat La seule façon de savoir où vous achetez bien
Famille Permet d’agréger autrement que par pièce
Date de vente La seconde moitié de la rotation
Prix de vente Le réalisé, pas l’espéré
Frais et port Sinon la marge est fausse, toujours à la hausse
Plateforme Compare ce qu’un même article rapporte selon l’endroit

Huit colonnes. Les deux qui sautent en premier quand on est pressé sont « lieu d’achat » et « frais » — ce sont précisément les deux qui portent l’information la plus utile, et les seules qu’on ne peut pas reconstituer après coup. Un article invendu doit rester dans la table, sans date de vente : c’est la seule façon de connaître son taux d’invendus.

Un outil pour ça : Application ou tableur ?

Compte gratuit — 10 estimations par mois

À lire ensuite : Calculer sa marge en achat-revente · Gérer son stock quand on revend